Thursday, February 09, 2006

Toronto, ville Monde - 2

un texte ecrit en decembre a Toronto :

Un saut dans l’industrie de l’achat, dans l’église du dollar, la mosquée des prix, le temple des sourires conditionnes par des contrats, la synagogue des tailles toujours trop petites, la chapelle des foules affairées, des ambiances de noël consuméristes.

Les prix, peu chers, parfois hors de portee.

Les vêtements, propres et conformes, uniformises, arranges et décores ; pour attirer le regard de la proie, et faire monter en elle ce besoin, parfois justifie, si souvent imagine.

Dieu achat a du pouvoir.

L’espace d’un moment, toute une vie parfois, il peut nous faire perdre notre humanité, notre sociabilité.

L’Homme, animal politique, n’est plus. L’homo sapiens sapiens ne sait plus ; son enfermement, il ne le sait pas. L’homme aimant n’est plus ; tant d’images, de conceptions, de symboles qui véhiculent une idée, reminiscente : des corps non dignes d’amour, des rides allergisantes, des cicatrices repoussantes…

D’animal politique, animal consommateur il devient.

Une chorale, des enfants chantent Noël qui approche… pas dans une école, pas dans une église ou un temple, pas dans un parc, pas dans une fête de village… dans un centre commercial. Eaton Centre.

J’en sors…

…désorientée en moi-même, désorientée dans cette ville que je commence pourtant a bien connaître.

Ma boussole, je l’ai retrouvee au travers de ce viel homme, le visage rond et genereux, rougi par le froid d’un hiver arrivant. Il attendait le tramway, il m’a souri. Son sourire, il l’a garde, quand il m’a indique l’ouest de son bras enfoui, emmitoufle, protege du froid, determine. Son sourire, il l’a garde quand il m’a montre, de l’autre cote de la rue, l’endroit que je cherchais. Les 4 points cardinaux, ils me les a donnes, avec ce ton si bienveillant.

- « Et la-bas, Mademoiselle, c’est Younge Street, la rue la plus longue du monde ! », s’est-il exclame. Je ne lui avais rien demande, du moins pas avec des paroles.

- « 7000 et quelques miles de long, jusqu'à la Baie Georgienne !!! »

Sur le moment, la conversion, je n’ai pas pu la faire ; mais c’est avec un frémillement incontrôlable des lèvres que je l’ai écouté me dire qu’il était allé jusqu’au bout, et qu’il y a 50 ans il travaillait quelque part sur cette route. C’est avec une nouvelle chaleur, quelque part dans ma poitrine, que je l’ai remercie et l’ai assure du bonheur que j’ai eu a recevoir ces informations de lui. L’espace d’un instant, j’en oubliais la température glaciale d’un Toronto s’habillant pour l’hiver.

Je serais restée des heures a l’écouter, ce vieil homme, avec son visage rond et ses joues rougies par le froid. Il dégageait tant d’amour.

J’ai traverse la rue, le sourire aux lèvres, et je me suis remerciée d’être sortie de ce centre commercial.

Toronto, HoSu Bistro, 254 Queen St West

13 decembre 2005

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